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Sortir les poètes du tiroir
11 janvier 2012 – David Riendeau
En entrant dans la maison de Rose Lévesque, également artiste-peintre du quartier Laflèche dans l’arrondissement Saint-Hubert, le visiteur s’étonne de voir tous les murs peints à la main. Voitures anciennes, symboles de l’histoire locale, maisons de sa Gaspésie natale, autant de scènes pittoresques que ne renierait pas un disciple du peintre Krieghoff. Dans la vie de Rose Lévesque, la peinture et la poésie marchent main dans la main, comme deux jeunes amoureux.
Cet amour se transpose dans ses efforts pour démocratiser la poésie. Pour cause, une vingtaine de membres du cercle des Amis de la poésie participent chaque mois à des lectures qui se tiennent dans la Coopérative funéraire de la Rive-Sud.
N’y a-t-il pas un côté sinistre à tenir des soirées littéraires dans un pareil endroit? «Pas du tout», répond sans hésiter Rose Lévesque. «Ce lieu implique un certain recueillement propice à l’écoute, c’est un lieu de rencontre où il est possible de tisser des liens avec des gens.»
Poètes établis comme dilettantes ont la possibilité de se lever et de lire leur dernière composition. «Notre vice-président, Raymond Paradis, qui est un enseignant de français à la retraite, commente alors le poème et adresse quelques suggestions constructives à son auteur», explique-t-elle.
Aux dires de l’artiste, une perle littéraire finit toujours par se révéler au terme de ces soirées. «J’aime aller chercher celui qui a écrit des choses, mais qui n’ose pas les lire devant le public. Les gens doivent sortir du tiroir, vaincre leur timidité du jugement des autres.»
De mamie chroniqueuse à artiste impliquée
Sa passion pour l’écriture vient de ses petits-enfants. Voilà 32 ans, elle a débuté en rédigeant les chroniques de son premier petit-fils de la naissance jusqu’à son départ du nid familial. Elle lui a alors offert ses écrits dans un coffre avec des photos et d’autres souvenirs. «Avec le temps, je me suis rendu compte que j’avais à dire devait sortir par l’écriture», commente celle qui a un recueil publié à compte d’auteur et un collectif de poésie à son actif.
Cette année, Rose Lévesque espère voir les Amis de la poésie devenir une association accréditée par la Ville de Longueuil. Cette reconnaissance leur ouvrirait certaines portes, juge-t-elle. «Peu de place est accordée aux artistes locaux. Il faut se la tailler. Il nous manque une tribune sur laquelle on pourrait partager avec le grand public. Bien souvent, les gens veulent ce qu’ils voient. Si on pouvait diffuser à plus grande échelle, beaucoup apprécieraient.»


CAROLE LAVALLÉE DÉPUTÉE SAINT-BRUNO SAINT-HUBERT À ROSE LÉVESQUE POUR SON IMPLICATION AUPRÈS DE LA COMMUNAUTÉ.

CERTIFICAT HOMMAGE OFFERT À ROSE LÉVESQUE PAR LORRAINE GUAY BOIVIN PRÉSIDENTE DE LA VILLE DE SAINT-HUBERT POUR SON IMPLICATION DANS LE DOMAINE DES ARTS.

ROSE LÉVESQUE LORS DU LANCEMENT DE SON LIVRE, D’HISTOIRES EN HISTOIRES ET DU PASSÉ AU PRÉSENT.